Eliana et Cosimo: deux entrepreneurs raisonnés à Matera

Je vous avais annoncé mon souhait de parler un peu plus longuement d’Eliana et Cosimo, deux trentenaires originaires de Matera qui ont décidé de réorienter leur carrière professionnelle et de revenir sur leur terre natale après avoir vécu/voyagé (presque) partout dans le monde.

Leur parcours est très caractéristique d’un mouvement grandissant actuellement. Eliana a amorcé son virage un peu en amont de la tendance, puisqu’elle a quitté son job trépidant à Rome en 2010 et, après une longue pause réflexive en Australie, a ouvert son eco b&b en 2012. Cosimo a également effectué un virage à 180°, je n’en dis pas plus pour l’instant. Je leur ai posé quelques questions sur leur parcours, leur région et leurs souhaits … Vous le verrez, Eliana et Cosimo sont amis et ça se sent, tant dans leur projet professionnel que dans leurs idéaux!

Quel est votre parcours de vie et qu’est-ce qui vous a amené, à un moment donné, à décider de construire quelque chose à Matera?

Eliana: J’ai bossé plusieurs années à Rome en tant que chef de projets dans l’événementiel et à un moment donné, j’ai eu besoin de changer de vie, de me reconnecter à l’environnement et de vivre de manière plus slow. J’ai alors décidé de partir en Australie afin d’appréhender un autre mode de vie, plus durable. J’y suis restée deux ans et ai ensuite décidé de rentrer vivre à Matera, car ma ville me semblait être le terreau idéal pour construire le projet que j’avais imaginé: un projet dédié à l’environnement et aux gens, où je pouvais promouvoir les belles initiatives locales tout en conservant du temps pour moi. L’Albero di Eliana était né.

Cosimo: Je suis géologue de formation et j’ai travaillé pendant 9 ans sur l’exploration pétrolière et gazière dans plusieurs régions du globe. Par ailleurs, j’aime la nature et ma région depuis toujours et j’aime également beaucoup rencontrer de nouvelles personnes et partager. C’est pourquoi j’ai décidé d’ouvrir La Pecora Nera, un B&B inspiré de l’écotourisme, du tourisme responsable et durable, avec l’objectif de faire découvrir au voyageur les beautés de la Basilicate d’un point de vue naturaliste et scénique. J’aime particulièrement voyager et découvrir ma région à travers les yeux et les histoires de mes invités.

Et toi, Eliana, le choix d’un eco B&B semble s’être imposé à toi, pourquoi?

Eliana: Il y a plusieurs raisons. Tout d’abord, je pense que c’est une excellente manière de vivre plus lentement, de pouvoir prendre son temps. Ensuite, il est important pour moi de soutenir les agriculteurs et les artisans locaux avec mes achats pour le B&B. Enfin, j’adore le fait de pouvoir échanger avec des voyageurs qui ont la même vision que moi ou encore de les inspirer et les sensibiliser à des concepts tels que le « diy », le « km zero » et le « zéro déchet », par exemple.

Quel type de tourisme rêveriez-vous pour votre ville et votre région?

Eliana: Un tourisme de niche responsable, qui a de l’intérêt pour notre communauté, notre terre et notre histoire.

Cosimo: Maintenant que tout le monde connaît Matera (cf. Matera, capitale européenne de la culture 2019), même si encore beaucoup de touristes ne passent qu’une seule nuit dans la ville, il est temps de créer nos « citoyens culturels temporaires », et par là, j’entends des voyageurs qui décident de rester plus longtemps, de vivre des expériences dans la région. L’écotourisme, le tourisme responsable et durable sont le seul moyen de conserver notre authenticité.

Justement, si on veut éviter les trips d’un jour à Matera et donner envie aux touristes de prendre le temps de visiter votre région, il faut leur proposer plus. Quels sont vos 5 coups de coeur en Basilicate?

Eliana: Le parc national du Pollino; Craco; les Dolomiti lucane avec Pietrapertosa et Castelmezzano; la réserve naturelle régionale WWF Policoro et le parc des églises rupestres de la Murgia Materana.

Cosimo: Serra di Crispo, un des massifs du Pollino et en particulier « le jardin des dieux », avec le fameux pin loricato; Maratea; Craco; Pietrapertosa et Castelmezzano et le parc des églises rupestres de la Murgia Materana.

Et comme la région n’est pas bien étendue, il est possible de la sillonner presque entièrement en logeant à Matera, chez Eliana ou Cosimo. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait en réalisant des day-trips à Venosa, Craco, Pietrapertosa et Castelmezzano. Le parc national du Pollino est un peu plus éloigné et il vaut la peine d’y rester deux-trois jours pour s’en imprégner. Et puis, pour ceux qu’Eliana, Cosimo et moi n’aurions pas encore convaincus, la mer est également toute proche de Matera (environ 40 minutes en voiture), je dis ça, je dis rien…

C’est ici que s’achève ma série d’articles sur la Basilicate. En tout cas pour cette fois, car je n’ai pas encore tout vu et c’est tant mieux!

Crédits photo La pecora nera: Giuseppe Manzi ; L’albero di Eliana: Francesca Zito.

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