J’ai enfin vu Matera…

… et j’y suis restée une semaine complète au lieu des 2 jours initialement prévus! Au départ, j’avais décidé de « passer » par la Basilicate, mais pas de m’y attarder. Je voulais absolument visiter Matera (ça, vous le savez déjà) et je m’étais dit que traverser la région en me dirigeant vers la Calabre suffirait à m’en faire une première idée.

Et puis, durant mon séjour en Ombrie, Giulia et Keegan, les enfants d’Anne et Pino, m’ont convaincue de faire plus que la traverser. La Basilicate est l’une de leur régions coup de coeur en Italie. De plus, Keegan a un très bon ami qui vit là-bas, Cosimo, et celui-ci est proprio d’un B&B au centre de Matera, La Pecora Nera. Keegan me met en contact avec ce dernier. Le feeling est bon et je décide de réserver 4 nuits chez lui, en me disant que mon séjour dans la région se dessinera au contact de ses habitants.

Sur la route entre Venosa et Matera

Je ne crois pas si bien dire. Après avoir traversé le nord de la région, visité la ville de Venosa (qui n’est pas d’un énorme intérêt mais dont la route environnante est splendide et où j’ai mangé la meilleure pizza de ma vie), j’arrive un dimanche 2 septembre après-midi chez Cosimo. Celui-ci m’accueille avec son amie Enza, qui lui donne un coup de main dans le B&B. Ils me proposent de me joindre à eux le soir-même pour un souper entre amis à la campagne.

La pizza salsiccia e funghi de Michele Leo, champion du monde 2017 des pizzaioli!

Lorsque j’arrive ce soir-là chez Eliana, je découvre de belles personnalités, de beaux projets et notamment La Gitana. Trop timide pour prendre des photos, heureusement, Caspar, le compagnon d’Enza, me sauve la mise en tournant une petite vidéo de la soirée, mais surtout de La Gitana, ce qui me donne l’opportunité de partager ce moment avec vous. Je vous en reparlerai plus longuement car Eliana a plus d’un tour dans son sac et je lui dédierai un article complet. Et puis, en fait, je suis censée vous parler de Matera…

Mais j’ai fait ce détour pour une raison: ce dimanche 2 septembre, à la fin de la soirée, Enza me propose de m’installer quelques jours chez elle, pour garder son chat car elle et Caspar partent quelques jours à l’étranger. Chez elle, c’est en plein centre historique, dans un sasso. Pas moyen de faire plus typique et immersif.

Pour en revenir à Matera, ce qui se passe avec cette ville est instantané. Elle est diablement belle, mystérieuse et chargée d’histoire. Elle ne ressemble à aucune autre (le Courrier international, dans un article très intéressant, parle de modèle urbain unique au monde) et son destin non plus. Dans mon premier article sur Matera, je vous expliquais rapidement son histoire, mais j’ai voulu en savoir plus et Cosimo m’a conseillé de me rendre à la Casa Noha, située dans le quartier dit Sasso caveoso (à quelques pas de la Piazza Duomo). Proposant un voyage multimédia, la Casa Noha devrait être la première étape de toute visite à Matera. Pour ceux qui comprennent l’italien, cette vidéo du magazine Geo (sur Rai 3) vous renseignera joliment sur l’activité de la Casa Noha et l’histoire qu’elle raconte. Pour les autres, les images à elles seules valent le coup.

L’intérieur d’un des habitats troglodytes que vous apercevez sur la photo précédente

Tout commencerait au paléolithique, mais c’est au IXe siècle qu’un événement important a lieu: les sarrasins sont en train de piller les côtes environnantes et des moines décident de se réfugier dans une petite vallée surplombée par le plateau de la Murgie. Ils y creusent de nombreuses églises dans le tuf. C’est le commencement d’une période prospère pour Matera, les paysans des alentours s’y réfugient également et développent leurs activités, les seigneurs féodaux et l’église s’y installent progressivement. La ville se développe en trois parties: la Civitas, le Sasso barisano et le Sasso caveoso. Mais la béatitude ne dure pas, au XIIIe siècle, on repousse les paysans dans la partie basse (Sasso barisano et caveoso) pour installer la richesse dans la Civitas. Les écarts de classe commencent et ne feront que se creuser jusqu’au XXe siècle, où Carlo Levi dénonce la situation dramatique des sassi. La suite, je vous la racontais ici mais je vous invite surtout à aller la découvrir sur place et à la Casa Noha!

A bientôt pour d’autres articles sur Matera et la Basilicate!

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