Le Gargano côté terre: mon coup de coeur

Lors de cette semaine dans la péninsule du Gargano, deux endroits ont fait battre mon coeur plus vite: Vico del Gargano et Monte Sant’Angelo. Le point commun de ces deux villages? Leur situation à l’intérieur des terres apuliennes.

Vico del Gargano

Ce bourg est apparu comme une bouée de sauvetage, une bouffée d’air frais après la désillusion peschicienne. Classé parmi I borghi piu belli d’Italia (comprendre « les plus beaux villages d’Italie », une association équivalente à sa soeur française ou encore à sa petite soeur wallonne), son centre historique est divisé en trois quartiers médiévaux appelés Civita, Casale et Terra. C’est dans ce dernier que j’ai pris le plus de plaisir à me perdre (littéralement), fascinée par le retour dans le temps et la quiétude des ruelles qui s’entremêlent. Aucune des photos de cet article ne rend justice à la beauté et l’atmosphère du lieu. Ce quartier porterait le nom de terra car il a été peuplé par les agriculteurs qui vivaient originellement sur les terres autour de Vico. Avec le quartier Civita, ils forment le noyau dur du centre historique, tandis que le quartier Casale, lui, s’étend sous Civita et Terra, sur les collines. Ce quartier est, historiquement, celui des immigrés.

Vico del Gargano est également connu pour ses très nombreuses églises, dont je ne vais pas pouvoir parler. J’étais trop occupée à me perdre dans les rues, à regarder les chiens aboyer aux balcons, écouter les mamme préparer le déjeuner, saluer les nonni sur les devantures des maisons… et puis, avouons-le, je suis arrivée à Vico del Gargano aux alentours de midi, la plus mauvaise idée lorsqu’on souhaite visiter les églises, les musées ou encore faire du shopping.

En effet, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, en Italie, l’après-midi, on vit au ralenti. Entre 12h30-13h et 15h30-16h (pour les horaires, ça dépend des endroits). Un conseil : visiter tôt le matin ou tard l’après-midi (les Italiens vous diront que c’est du simple bon sens, entre les deux : il fait trop chaud !).

Monte Sant’Angelo

A Monte Sant’Angelo, j’ai pris ma revanche sur les églises…. et ça valait le coup!

Le sanctuaire de San Michele, avec ses 2 arcs gothiques et son imposant campanile octogonal.

J’ai commencé par le santuario di San Michele Arcangelo, avec, au sous-sol, une grotte sacrée, lieu de nombreux pèlerinages (apparemment, c’est un peu la Lourdes italienne). Il s’agit en fait du premier sanctuaire dédié à l’archange Michel en Europe de l’Ouest, construit avant le Mont Saint-Michel. Je suis tombée en plein office, c’était bondé… je ne suis pas restée bien longtemps par respect pour les personnes croyantes, mais également car j’avais d’autres chats, pardon églises, à fouetter.

Les escaliers descendant vers la grotte

Le saviez-vous?

Une ligne droite imaginaire relie entre eux 7 lieux de culte, depuis l’Irlande jusqu’à l’Israël. Cette ligne représenterait le coup d’épée que l’archange Michel asséna au diable pour le renvoyer en enfer. Mieux que cela, les trois lieux de culte principaux (le Mont Saint-Michel, l’abbaye Saint-Michelde-la-Cluse et le sanctuaire de Monte Sant’Angelo) seraient équidistants! Je dis bien seraient, car ayant toujours appartenu à la classe des sceptiques… hé bien, oui, j’ai fait le test dans Google Maps. Et figurez-vous que je n’ai jamais réussi à calculer la distance entre le Mont Saint-Michel et les 2 autres sanctuaires… le mystère reste entier… mais après un rapide calcul savant (comprendre l’utilisation de Via Michelin)(oui, ça existe toujours), l’information semble relativement correcte (on ne chicane pas pour une dizaine de km, on n’est pas comme ça nous).

Quelques mètres à peine plus loin (mon frère m’avait dit « quand tu sors de San Michele, tu prends à gauche, puis tu te diriges un peu en contrebas et tu y arrives »), je découvre un lieu étrange et magnifique appelé complexe de San Pietro, regroupant un baptistère – de San Giovanni – ainsi qu’une église – de Santa Maria Maggiore : deux perles d’architecture romane. Pour info, ce complexe doit son nom à l’église San Pietro, détruite et dont il ne reste que le portique, roman également.

A gauche, le baptistère de San Giovanni; à droite, l’église Santa Maria Maggiore
A gauche, le portique, unique trace de l’église San Pietro

J’ai ensuite continué à flâner longuement dans les rues. Je suis tombée par hasard sur l’église de la Sainte Trinité (et sur d’autres églises que je serais bien incapable de vous nommer). Et j’ai conclus la visite en compagnie du coucher de soleil qui réchauffait les façades blanches du village.

Je termine ici cet article avec des photos de l’abbaye San Leonardo, située à quelques kilomètres de Monte Sant’Angelo (à Siponto très exactement), où je me suis arrêtée quelques instants afin d’admirer la façade et les sculptures romanes, très bien conservées.

 

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