Le Gargano côté mer : les îles Tremiti

Quand j’ai préparé mon itinéraire, j’ai du faire un choix sur les endroits à visiter dans les Pouilles. Avec 800km de côte et plein de choses à voir dans les terres également, je devais sélectionner. Après avoir retiré ce que j’avais déjà vu, il me restait l’extrême nord et l’extrême sud de la région. J’ai alors décidé de me concentrer sur le nord, et plus particulièrement la péninsule du Gargano.

Deux raisons

  • pratique : c’était sur mon chemin
  • émotionnelle : j’avais visité cette partie des Pouilles (et îles Tremiti) avec mes parents lorsque j’avais 16 ans. Si ce n’était pas tout à fait une découverte, je devais jusqu’ici faire appel à mes souvenirs adolescents pour me figurer le Gargano. J’avais envie de le revoir, cette fois avec des yeux plus grands.

Peschici

J’ai commencé par deux jours à Peschici, où je retrouvais avec plaisir Virginie, de Ma fourchette est italienne. Nous avons été séduites par notre excursion aux Iles Tremiti (avec une nuance pour ma part, j’y reviendrai) mais avons trouvé Peschici bien trop touristique à notre goût. Nous n’avons pas eu facile de trouver un (un seul, oui!) resto un peu authentique, proposant des produits locaux et raisonnés et la ville était, chaque soir, prise d’assaut. Ça me changeait de mon séjour dans le Latium, où les seuls touristes rencontrés se comptaient sur les doigts des mains. Vous ne verrez aucune photo de Peschici : je n’en ai pas prises.

les Iles Tremiti

Les îles Tremiti, donc

Mon souvenir le plus net du Gargano était en fait celui des îles Tremiti. Cet archipel situé au large de la côte est composé de 5 îles (ou 6, si on compte l’énorme rocher prénommé La Vecchia): San Domino, San Nicola, Capraia, Cretaccio et Pianosa.

Avec Virginie et son ami Filippo, nous avons choisi l’excursion « full » : trajet depuis Peschici jusque San Nicola ainsi qu’un tour supplémentaire des autres îles qui, lui, allait nous déposer à San Domino. Pour info, ce ticket combi revenait à 53€ (35€ l’aller-retour Peschici/San Nicola + 18€ pour le tour de l’archipel, d’une durée d’environ 1h10). Pas donné me direz-vous? Nous avons pourtant bénéficié du prix « basse saison » (nous avons en réalité payé 5€ de moins que les juilletistes et aoutiens).

Le bateau nous dépose à San Nicola, donc, centre historique (et administratif) de l’archipel. Fortifications, église romane, couvent, cimetière… à chaque pas, cette petite île étonne. On prend du plaisir à se perdre dans ses moindres recoins. Je reste malheureusement sur ma faim : nous n’avons pas le temps de prendre le temps, justement, de la visiter, car nous devons prendre notre second bateau.

Celui-ci nous emmène faire le tour de l’archipel, nous arrête 10-15 minutes à hauteur de Capraia, afin de nous permettre de plonger dans les eaux turquoises et observer la statue de Padre Pio immergée dans la mer (conseil : ne pas oublier son masque et son tuba, pour cette statue mais également pour voir les poissons). On nous rappelle vite à l’ordre : direction San Domino, la plus grande des îles de l’archipel et également la seule à disposer d’une plage de sable fin (celle de San Nicola servant surtout de « port »). Mais si vous voulez mon avis, cette plage ne vaut pas tant la peine : elle est petite et dès lors souvent bondée.

Mon avis sur l’excursion

Voilà, en quelques mots, le résumé de notre expérience sur les îles Tremiti. Alors, ces îles, elles sont magnifiques, la nature y est réellement préservée, je n’ai pas ressenti de profond changement ni de dégradation, 18 ans après ma première visite. Il me semble par contre avoir vu moins de types de poissons différents (ou alors, j’ai fantasmé ce souvenir…) et surtout, j’ai été extrêmement frustrée de la formule de cette journée : les bateaux de touristes où on s’arrête 15 minutes dans un endroit et 45 minutes dans un autre… ça gâche le plaisir. Nous n’avons pu explorer aucune des deux îles correctement…

Mon conseil

Prendre uniquement l’aller-retour depuis la ville de votre choix (Peschici, Vieste ou encore Termoli) et rester une nuit (si le coût de l’hôtel – un peu onéreux – ne fait pas un trou dans votre budget). Il vous sera possible de prendre une navette depuis une des deux îles principales pour aller sur l’autre, pour un prix bien moindre que les 18€ de ce tour de l’archipel pas vraiment utile…

Le saviez-vous?

En 1938, une cinquantaine d’hommes ont été déportés et internés par Mussolini sur l’île de San Domino. Leur crime? Etre homosexuels. Sous l’Italie de Mussolini, fasciste et dictatoriale, ils étaient considérés comme dégénérés et donc non désirés. Mais il parait que ces hommes y ont en réalité trouvé, plutôt qu’une prison, un lieu de libération et d’expression.

Source: BBC

Cet article a 2 commentaires

Laisser un commentaire