Et après un tremblement de terre, on vit comment?

Fin octobre 2016, plusieurs tremblements de terre secouent le centre de l’Italie. Un des séismes est le plus puissant depuis 1980, avec une magnitude de 6,6 sur l’échelle de Richter. Pas de morts, heureusement. Nombre d’habitants avaient déjà fui leurs maisons suite au violent tremblement de terre qui avait eu lieu quelques mois plus tôt à Amatrice et avait fait, lui, 300 morts. Néanmoins, des villages entiers ont été réduits à néant ou presque.

Castelluccio di Norcia, des champs de fleurs et un village défiguré

Castelluccio di Norcia : entrée du village
L’entrée dans le village de Castelluccio interdite depuis bientôt 2 ans

Castelluccio di Norcia et Visso : maisons détruites

Je n’ai pas pour habitude d’aborder ce genre de sujet. Mais impossible d’aller à Castelluccio di Norcia, faire 143 photos des champs de fleurs, les poster sur les réseaux sociaux et ignorer le village défiguré au loin. Si vous avez été observateur, vous l’aurez d’ailleurs remarqué sur une photo de mon article précédent. Je suis également passée par Visso, un des autres bourgs détruits par le tremblement de terre.

Visso : entrée interdite
A Visso également, il est interdit d’entrer

Castelluccio di Norcia et Visso : habitations délabrées

Castelluccio di Norcia et Visso : marquées par le tremblement de terre

A la suite de ces catastrophes en 2016, environ 15.000 sinistrés ont du être relogés. D’abord dans des hôtels de la région pour la plupart (merci la solidarité!), puis dans des habitations temporaires. Je suis passée devant quelques quartiers dortoirs dont j’ai essayé de faire quelques clichés pour illustrer mon propos, mais je n’étais pas à l’aise avec l’exercice.

Castelluccio di Norcia : logements provisoires

La reconstruction peine à démarrer

Aujourd’hui, près de 2 ans après le tremblement de terre, il est toujours interdit d’entrer dans les villages. La reconstruction peine à démarrer. Je me souviens avoir visité l’Aquila en 2013, 4 ans après le terrible séisme qui l’avait détruite. J’avais découvert une ville fantôme, dont 90% des commerces et maisons étaient toujours barricadés. La reconstruction n’avait pas encore commencé. En 2015, seuls 3% des bâtiments avaient été reconstruits. Partout dans ces villes et villages, la réhabilitation est très lente. En cause : les moyens financiers (l’aide internationale est très longue à mettre en oeuvre), les moyens humains (lents à mobiliser). Mais également des questions d' »organisation » et quelques scandales. Aujourd’hui, L’Aquila reprend peu à peu vie, mais une partie des habitants du centre attend toujours de retrouver son logement.

après le tremblement de terre, la ville envahie d'échaffaudages

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Les échafaudages et militaires de L'Aquila en 2013
Les échafaudages et militaires de L’Aquila en 2013

L’énergie des habitants

Si la politique freine le retour à la vie normale des habitants, j’ai été émue de voir les efforts qu’ils mettent dans le maintien de la vie de leurs villages. A Castelluccio comme à Visso, les commerçants se sont installés tantôt dans des roulottes le long de la route, tantôt dans des cabanons en bois. A Visso, ils ont même créé un centre commercial temporaire. Boucher, coiffeur, glacier et autre restaurateur se sont installés. Il me semble important, à ma petite échelle, d’encourager ces initiatives et surtout de vous encourager VOUS à aller visiter ces endroits et à faire vivre leurs gens.

Une partie des baraques et roulottes longeant Castelluccio, avec boutiques de souvenir, restaurant, bar, ...
Une partie des baraques et roulottes longeant Castelluccio, avec boutiques de souvenir, restaurant, bar, …
Le centre commercial provisoire de Visso
Le centre commercial provisoire de Visso

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Restaurant et bar du centre commercial provisoire
A gauche, le restaurant, à droite, le bar
Boucher et coiffeur du commercial provisoire
A gauche, le boucher, à droite, le coiffeur

 

 

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