Non si parla con la bocca piena*

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’un podcast de France Culture, « On ne parle pas la bouche pleine ». Le programme est sobrement défini comme « le monde vu du ventre ».

Roberta
Crédits : Pierre Monetta

Alain Kruger, le producteur de l’émission (ex Canal+ et Première notamment), a reçu à 2 reprises un personnage, « un soggetto » comme ils disent là-bas: Roberta Nacmias.

Emission 1: Mama marquigiana, Roberta la marquise des Marches

Emission 2: Les saisons du plaisir dans les Marches

On écoute des chants traditionnels, de la musique classique, des chansons populaires de sa jeunesse, on parle du passé, de sa ville (Ancona), de sa région (Les Marches), mais surtout de bouffe (sic)(oui oui). Roberta explique qu’on ne marie pas le pecorino avec la truffe (le pecorino est bien trop fort), que le Verdicchio se boit frais mais pas glacé, qu’on ne parle pas de bolognaise, mais de ragu ou que le parmesan, ça n’existe pas, ce qui existe, c’est le parmigiano reggiano (elle ne plaisante pas à ce sujet, Roberta).

En plus de transmettre ses recettes, Roberta donne aussi ses bons plans. Dans les Marches, pour manger du poisson par exemple, on se rend à Numana, Sirolo ou Portonovo. Au bord de la plage de galets blancs de Portonovo, il y a une Trattoria -dans un petit cabanon- appelée « Da Emilia ». On y mange une spécialité de moules, moscioli, dont Roberta donne la recette dans le premier podcast.

Roberta Nacmias est en fait installée en France, à Paris, où elle possède deux restaurants (où on travaille surtout les pâtes fraîches), une épicerie fine et un service traiteur. La prochaine fois que je me rends à Paris, je teste!

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Crédits : Pierre Monetta

Pour en terminer avec ce sujet, le plus joli avec cette émission, c’est qu’il ne s’agit pas que d’un programme qui parle de bouffe. On lie la gastronomie à la (vraie) vie et à la culture. On évoque les grands artistes de la région: Rossini (originaire de Pesaro), Piero della Francesca ou encore (et surtout) Giacomo Leopardi, un des plus grands poètes italiens. Et on se quitte avec un poème récité par Vittorio Gassman, à la fin du 2e podcast (26:30′).

L’infinito

Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
E questa siepe, che da tanta parteDell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma sedendo e mirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quieto
Io nel pensier mi fingo, ove per poco
Il cor non si spaura. E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e il suon di lei. Cosi tra questa
Immensità s’annega il pensier mio:
E il naufragar m’è dolce in questo mare.

-Giacomo Leopardi-

*On ne parle pas la bouche pleine!

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